Habitats Abandonnés de Beyrouth

>> VISIONNER LES IMAGES


#abandoneddwellingsbeirut
[English Version]



Dans un Beyrouth en pleine mutation, les habitats délaissés sont des lieux en suspens, condamnés à terme par la spéculation foncière. 


Tableaux photographiques

À l'inérieur de ces résidences décrépies, j'ai invité des personnes à habiter les lieux. Leurs présences étaient des re-enactements d'une séquence de Hamasat - Murmures - (1980) un film de Maroun Bagdadi qui documente la vie et les pensées des libanais durant la guerre. Dans les séquences d'ouverture, Nadia Tueni erre dans les ruines fumantes du centre-ville dévasté de Beyrouth. Sa présence injecte la la dignité, la sensibilité et l'élégance dans un monde en proie au désastre.  

Ces apparitions sont également des réminiscences des Ninfas (reprenant  ce terme et son interprétation à Georges Didi Huberman et Aby Warburg) de Botticelli et Mantegna. Évoluant parmi les poussières, les cendres, les meubles démantibulés et la végétation, elles introduisent une dialectique entre vie, mort et survivance.


La recherche

La recherche que nous avons entamé se propose d’examiner les transformations subies par ces architectures hors d’usage. Basé sur le terrain (près de 750 édifices répertoriés), les archives, témoignages et histoires orales, le travail réévalue également les pratiques artistiques et les regards qu’elles ont posé sur la ville. Cette imprégnation est d’autant plus importante que son déclencheur est un projet photographique.

En parallèle à la réalisation de ces tableaux, la mission photographique n’a pas tardé à englober un inventaire de ces édifices et la collecte d’archives in situ. Cette masse documentaire a généré une thèse de doctorat en histoire de l’art à l’Université Paris IV Sorbonne sous la direction de Jean-Yves Andrieux, de 2012 à 2016. Dans cette thèse, trois chapitres sont consacrés aux interventions guerrières. Le premier, la bataille des hôtels aborde un espace disputé, le second explore la ligne de démarcation et le troisième s’intéresse aux baraquements, prisons et lieux de torture. Le quatrième chapitre réunit habitats informels, squats et autres réappropriations. Ces fonctionnalités qui s’enchevêtrent découlent de flux migratoires consécutifs à des violences. La guerre, plutôt les guerres, restent en toile de fond.


exposition:
- Abandoned Dwellings, Display of Systems. Commissaire Karina el-Helou, Musée Sursock, Beyrouth, 2018. >> site web

ouvrage
- Habitats Abandonnés. Une histoire de Beyrouth

textes en rapport :

- The lives and deaths of inhabitants in abandoned houses, 2017
- Exhumer les fantômes de sa propre œuvre, 2018
- Habitats abandonnés de Beyrouth. Guerres et mutations de l’espace urbain 1860, 2016


articles et interviews :
- Kirsten O'Regan, Hyperallergic, 06'12'2018
- Rawan Ezzeddine, Al-Akhbar, 04'12'2018
- Sam Brennan, Al-Monitor, 03'12'2018
- Emmanuel Khoury, L'Orient-Le Jour 28'11'2018
- India Stoughton, The National, 19'11'2018


 projets en rapport :

- Habitats Abandonnés. Inventaire
- Habitats Abandonnés. Archive
- Habitats Abandonnés. Typologies


 projets parallèles :
Sniper Pinhole, 2017
 - Wadi Abou Jmil (avec Saïd Baalbaki), 2015
- Les maisons abandonnées de Beyrouth (avec Zeina Bassil), 2015
- Kolmanskop (avec Valerie Cachard), 2013
- Leningrad (avec François Sargologo and Hanibal Srouji), 2013

 ©gregory buchakjian. tous droits réservés. Photo: Christopher Baaklini, courtesy Musée Sursock